Contrairement à ce que plusieurs pensent, ça
bouge dans le dossier du renouvellement des contrats de service touchant la sécurité du
revenu et certains services demploi liant la Ville de Montréal et le gouvernement !
La date butoir du 30 septembre que le ministère de lEmploi, de la Solidarité
sociale et de la Famille sest fixé pour trancher approche à grands pas, et nous
nous préparons à toutes les éventualités !
Le 17 septembre, des représentantes et des représentants syndicaux
du Service du développement social et communautaire ont décidé de mettre sur pied un
plan daction musclé qui vise à contrer toute manifestation de la volonté
gouvernementale de « rapatrier » nos 1200 consurs et confrères concernés. Ce
plan daction sera soumis lors dune assemblée générale extraordinaire de
service des membres du Service du développement social et communautaire.
Lobjectif est donc très clair : conserver à la Ville de
Montréal la juridiction sur les activités reliées à la sécurité du revenu et
certains services demploi sur son territoire ! Depuis plus 75 ans, ce sont
les nôtres qui veillent à dispenser aux citoyennes et citoyens de la ville les services
auxquels ils ont droit. Au fil des décennies, elles et ils ont développé une expertise
unique dans ce domaine ; elle leur permet de travailler avec compassion, efficacité et
professionnalisme. Elles et ils ne veulent rien perdre de cette faculté de servir leur
clientèle avec justice, ni ne veulent souffrir des pertes quentraînerait leur
intégration forcée au sein de la fonction publique provinciale. Voilà une trentaine
dannées quelles et ils luttent contre lintention gouvernementale de les
« rapatrier » ; depuis lan 2000, chacune de leurs montées aux barricades a donné
des résultats positifs, comme le démontre la chronologie ci-dessous.
Chronologie de la lutte de nos confrères et
consurs du Service du développement social et communautaire depuis 2000
Octobre 2000 M. Louis Bernard, le
mandataire du gouvernement du Québec dans le dossier des fusions municipales, recommande
que le ministère récupère le Service de la sécurité du revenu. Les membres se
mobilisent et forcent le gouvernement à « tabletter » cette partie du rapport de M.
Bernard.
Novembre 2000 Nos représentant(e)s rencontrent le
maire Pierre Bourque et le directeur général de la Ville, M. Guy Coulombe. Ils
confirment leur intention de conserver lactivité sous la juridiction de la Ville de
Montréal et acceptent de travailler conjointement avec le SFMM (SCFP) dans ce dossier.
Février 2001 Signature dun texte qui fait état
de la position commune au SFMM (SCFP) et à la Ville de Montréal sur cette question.
Mars 2001 Tournée dinformation de la directrice
et des directeurs syndicaux du Service du développement social et communautaire auprès
des membres, tournée au cours de laquelle ils présentent une comparaison entre les
avantages de notre convention collective et ceux du contrat de travail liant le
gouvernement du Québec et ses fonctionnaires. Un sondage mené par la suite révèle que,
contrairement à des bruits véhiculés par le ministère, les membres souhaitent, dans
une proportion de 80 %, rester au service de la Ville de Montréal.
Octobre 2001 Nos représentants, accompagnés du
président de la FTQ, M. Henri Massé, rencontrent le ministre Rochon, responsable à
lépoque du dossier. On convient de la création dun comité tripartite
(Québec, Montréal, Syndicat) qui étudiera des scénarios possibles.
Novembre 2001 Élection de M. Gérald Tremblay à la
mairie de la nouvelle Ville de Montréal.
Janvier 2002 La responsable du dossier au sein du
nouveau comité exécutif de la Ville, Mme Francine Senécal, nous indique clairement
lintention de ladministration municipale de conserver sous sa juridiction les
activités reliées à la sécurité du revenu et à certains services demploi. Le
22, des quotidiens rapportent quau bureau du ministère, la décision de les
récupérer est déjà prise. Le SFMM réagit vigoureusement en publiant un communiqué de
presse et accentue la pression sur le gouvernement et la Ville.
13 février 2002 Assemblée générale extraordinaire
des membres du Service du développement social et communautaire. Adoption, à plus de 90
%, dun plan daction qui va du port du macaron Je suis un(e) employé(e) de la
Ville de Montréal et je veux le rester ! à la grève générale.
18 février 2002 Manif durant linauguration des
nouveaux locaux du Centre local demploi Hochelaga-Maisonneuve.
25 février 2002 Manif devant lhôtel de ville
de Montréal pendant que le Conseil municipal entérine la reconduction pour un an des
contrats de service liant la Ville et le gouvernement du Québec.
4 au 15 novembre 2002 Tournée dinformation de
la directrice et des directeurs syndicaux auprès des membres.
19 novembre 2002 Piquetage devant trois centres locaux
demploi et le Bureau régional.
20 novembre 2002 Le SFMM (SCFP) envoie, en vertu de la
loi, un avis de grève indéterminée qui sera en vigueur à compter du 2 décembre 2002.
27 novembre 2002 Les représentants du ministère de
lEmploi et de la Solidarité sociale invitent ceux du SFMM (SCFP) à discuter du
dossier. La Ville de Montréal assiste à la rencontre. Rien ne va plus : le ministère
confirme son intention de rapatrier les activités reliées à la sécurité du revenu et
à certains services demploi. Le SFMM (SCFP) avise le ministère quà défaut
dune modification de sa position, il déclenchera la grève dès le 2 décembre.
29 novembre 2002 Nouvelle rencontre entre le SFMM
(SCFP) et le ministère, à laquelle assiste la Ville. À la suite de pourparlers ardus,
les représentants du gouvernement du Québec acceptent de considérer une proposition
syndicale de garder le statu quo pour cinq ans à condition de régler des irritants
majeurs que le ministère aura identifiés.
2 décembre 2002 Étant donné louverture
démontrée par le ministère, les syndiqués du Service du développement social et
communautaire limitent leur mouvement de grève à une demi-journée.
3 décembre 2002 Le SFMM (SCFP) est informé que le
ministère annule une conférence téléphonique prévue pour le lendemain. Le ministère
recule.
7 janvier 2003 Assemblée générale extraordinaire
des membres du Service du développement social et communautaire où ils adoptent un
nouveau plan daction qui prévoit la tenue de grèves tournantes et lexercice
dautres moyens de pression.
10 janvier 2003 Le Conseil des services essentiels ne
se dit pas « convaincu que labsence de services dans deux ou trois CLE, pour une
journée de grève, alors que tous les autres CLE demeurent en opération constitue un
danger pour la santé et la sécurité publique ». Notre projet de déclencher des
grèves rotatives est donc reconnu comme tout à fait légitime.
13 janvier 2003 Première journée de grève tournante
des Cols blancs du Service du développement social et communautaire : trois points de
service sont fermés. Le mouvement se poursuivra jusquau printemps.
Printemps 2003 Début des travaux dun comité
technique bipartite (gouvernement-Ville) chargé détudier des scénarios de
règlement ; le SFMM (SCFP) en est exclu. Le comité doit déposer son rapport sur le
bureau du ministre de lEmploi et de la Solidarité sociale avant la fin du mois de
juin. Le 14 avril, les Québécois portent les libéraux au pouvoir à Québec. Le 3 juin,
les représentantes et représentants du SFMM (SCFP), accompagnés de MM. Henri Massé,
président de la FTQ, et Claude Hétu, directeur-adjoint du SCFP-Québec, rencontrent le
nouveau ministre, M. Claude Béchard. Malgré que le ministère se soit fixé le 30
septembre comme date butoir ultime pour faire connaître sa position définitive, le
ministre sengage à trancher avant le 30 juin. Il ne tiendra pas parole.
2 juillet 2003 Adoption, par lAssemblée
générale, dune entente de principe disposant de lharmonisation des
conventions collectives et de lamélioration des conditions de travail des Cols
blancs de toute lîle de Montréal. Prenant acte du silence du ministre, elle rend
la signature de la convention collective conditionnelle à un règlement satisfaisant dans
le dossier des contrats de service touchant les activités reliées à la sécurité du
revenu et à certains services demploi.
Nous sommes à un tournant crucial de notre histoire. Nous
devons continuer à faire preuve de solidarité envers nos consurs et confrères du
Service du développement social et communautaire. Sans notre appui, elles et ils
perdront la bataille.
Dans ce contexte, nous continuons à respecter la volonté de nos
membres exprimée lors de lassemblée générale du 2 juillet dernier : nous ne
signerons pas la convention collective tant que nous naurons pas obtenu un
règlement satisfaisant dans ce dossier de la plus haute importance. Rappelons-nous
: le Code du travail interdit lexercice de moyens de pression dès le
moment où un contrat de travail entre en vigueur. Apposer nos signatures au bas de la
nouvelle convention collective maintenant équivaudrait à nous priver de la possibilité
de défendre efficacement nos membres ! LÉquipe syndicale du SFMM (SCFP) est, comme
toujours, attentive à lopinion de lensemble de ses membres. Cest
pourquoi nous vous informons dès aujourdhui de la tenue, le mardi 14 octobre 2003,
dune assemblée générale statutaire et extraordinaire de tous les membres du SFMM
(SCFP).
Nous souhaitons que vous vous joindrez à nous en grand nombre pour
discuter de la situation qui prévaudra à ce moment ! La tenue de cette
assemblée générale sera précédée dune réunion du Conseil de direction et du
Conseil général qui se tiendra le mardi 7 octobre 2003. Là aussi, le dossier du
renouvellement des contrats de service touchant la sécurité du revenu et certains
services demploi liant la Ville de Montréal et le gouvernement figurera en bonne
place dans lordre du jour !
| Le 22 septembre 2003 |
LÉquipe syndicale du SFMM (SCFP) |